Dimanche 8 octobre 2006

Ce WE du trophée féminin de Brioude avait pourtant mal débuté… En retard au travail, je passe ma journée de vendredi sur un chantier au lieu de préparer la moto. Une fois partie de chez moi en catastrophe, Marion m’appelle pour me dire qu’elle est malade +++… Marion, ma plus grande motivation pour me taper les 6h de route jusqu’à Brioude, elle vient pas !!! Ma motivation samedi matin est au plus bas. Enfin, il fait beau, il ne me reste que 2h30 de route, et puis c’est pas tous les jours qu’un club se casse la tête pour organiser un enduro féminin, alors ne pas y aller serait aussi ne pas soutenir leur action… Hauts les cœurs, vive la vie, essayons de profiter !!

Effectivement tout change en arrivant sur place : je retrouve Ann, Marie, Sylvie, Laurence, Aurélie, Milie, découvre Marielle, Florence et Stéphanie… Le moral remonte.

Soirée chez Fred, il est cool Fred, il connaît bien les filles et les enduro ( !), il me prépare un lit douillet et un petit dej’ de championne. J’ai plus d’excuse pour ne pas être en forme ;-)

Dimanche, 7h30, le jour se lève dans un ciel sans nuage, 3°C. Brrr ! Sans assistance à qui larguer ma veste, je décide de partir en maillot. Marie Jo part devant, elle a pas l’air bien réveillée, lol. Avec Ann on part dans la même min (sans Marion, :-( ), et on se fait le premier CH ensemble. Elle roule devant, régulière, exactement comme j’aime, cool, avec elle je pointerai pas forcément à l’heure mais d’habitude avec Marion je suis obligée de débrancher le cerveau pour la suivre… Et là ce matin, le rythme d’Ann me convient tout à fait. A l’arrivée au CH je sens plus mes mains tellement j’ai froid. La spéciale juste après me réchauffe et de la journée je ne regretterai plus mon choix maillot sans veste. Spéciale sans grosse difficulté en grande partie dans un pré en dévers qui dans ce premier passage est plein d’herbe mouillée : ça glisse un max !! J’assure en limitant les chutes.

Et c’est parti pour la première boucle. Laurence nous laisse passer à la fin d’un monotrace en descente bien chaud. Je suis toujours Ann jusqu'à ce qu’elle loupe une flèche (il faut dire que c’était bizarrement fléché, et même à la fin du 2ème tour je ne comprenais toujours pas la logique des annonces de bifurcations…). Je m’assure qu’elle revienne sur ces pas et passe devant. Mais Ann ne me rattrapera pas, elle a des merdes sur l’embrayage et galère :-( On passe dans un sous bois, en montée, y a des racines partout et boum ! 1ère chute. J’aime pas les racines qui glissent. Evidemment je bouchonne, excusez-moi les filles ! Quelques kilomètres plus loin, 2 filles me doublent, gagnée par l’euphorie je les suis, en bas d’une descente caché au détour d’un petit virage, un bourbier bien mouillé accueille une 2ème chute… Beurk ! Je suis trempée, toute boueuse, et un peu refroidie par mes 2 chutes en 30 min. Allez, je me reconcentre, prends MON rythme et vogue la galère.

CH2, Ann arrive et nous raconte ses ennuis. Aurélie a la main explosée, aie aie aie. Marie et Sylvie roulent tranquilles et ont l’air de s’amuser. 10 min d’avance, c’est parfait, juste le temps de manger un bout, souffler, et repartir. Marielle, t’as trop bien géré sur les temps !! Je repars devant Ann qui peine. Arrive une montée impossible dans les pierres glissantes… Heureusement qu’il n’y a personne devant moi, je peux à loisir bondir d’une pierre à l’autre sans piloter grand chose, au gré de mes suspensions et de mes à-coups de guidons. J’arrive en haut sans savoir comment, et en pensant qu’Ann aura sans doute de grande difficultés, heureusement qu’il y a des marshalls… Stéphanie me passe super propre comme d’hab’. Puis Aurélie. Puis de nouveau Aurélie, lol. Le parcours est super diversifié, entre du roulant et du technique faisable, je m’éclate. Et puis, comme à chaque fois à Brioude, je m’étonne de la végétation déjà méridionale. C’est beau et ça sent le sud, ça me dépayse et je me sens bien, en vacances.

CH3. Toujours 10 min d’avance, nickel. Dans les toutes premières min en repartant, plusieurs marshalls me doublent pour rejoindre leur poste, et je comprends vite pourquoi : une descente en lacets dans de grosses pierres (heureusement que c’est en descente !!), d’accord c’est chouette en milieu des pins, mais bon, je serre les fesses pour pas m’en mettre une ! Puis on enchaîne sur une montée sans élan à au moins 50%, courte je l’avoue, mais très impressionnante… Tout sur l’avant, en 1ère à bloc, c’est passé sous les encouragements du marshall de service. Ouf. Puis de nouveau un marshall, pour m’indiquer un passage spécial filles, déjà bien casse gueule en descente entre les arbres. J’arrive au CH1, étonnée d’être encore en vie !!

Deuxième tour. Les anciennes qui ont des temps plus courts commencent à rouler avec nous, c’est rigolo de les voir onduler comme ça sur leurs motos (je dis onduler, parce qu’avec leurs suspensions un peu molles, ils me font penser à un sinusoide qui ondule…). Ca crée évidemment quelques frictions avec ceux qui me doublent à Mac12, mais ils sont rares et dans l’ensemble attendent que je me pousse (hey, je me pousse quand je peux, pas forcément quand je veux !). Je suis 2 Fantic 85 (c’est la seule cylindrée qui me met pas la misère dans les lignes droites). Le rythme me convient, on enchaîne ensemble quelques km. Arrive une descente avec des ornières, un mur à gauche, des fils de fer barbelés à droite. Je merdouille, ma roue avant se bloque en travers, et en un quart de seconde j’effectue un vol plané par-dessus la moto en priant fort pour ne pas atterrir dans les barbelés ou ne pas me recevoir la moto dessus… Boum ! J’atterris sur le casque, puis sur la dorsale, complètement sonnée. Mais tout bouge encore, rien ne me semble cassé, j’inspecte la moto, rien non plus, ouha la chance !! C’est sur, je décerne à cette cascade le prix de ma plus belle chute de l’année. Ca m’apprendra à suivre plus forts que moi. Je remonte en selle, mais le mal est fait, je flippe un peu et peine à rejoindre le CH2. A partir de là, à chaque endroit où un marshall attend tranquillement le client, je me mets au tas. Et hop, un petit tour dans les arbres ! Un peu plus loin une racine qui m’envoie promener… Ainsi de suite jusqu’à la fin. Je ne suis pas très fatiguée physiquement, mais ma tête ne suit plus. Enfin, la fin arrive, et je suis encore entière. On discute en attendant la remise des prix où le MC nous gratifie de notre présence en nous offrant un beau bouquet, manquent à l’appel Marie et Sylvie (je m’inquiète un peu).

Bref, super journée, superbe parcours, temps et difficultés adaptés +++ à mes capacités, très bonne formule de nous accoler aux anciennes.

Par Anne Downhill - Publié dans : summer - enduro
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